Rapport symposium Chercheurs Décideurs 2006

Rapport du Symposium de réflexion et d’échanges sur le dialogue entre Chercheurs et Décideurs dans le domaine de la gouvernance au Cameroun
Yaoundé 21- 22 Juin 2006
Présenté par André Marie AFOUBA
CANADEL
PRESENTION GENERALE
Suite aux échecs successifs des différentes politiques de développement économique, social et culturel, l’Afrique souhaite développer elle-même ses propres réponses aux problèmes du continent et tourner définitivement la page de la pauvreté. Pour y parvenir, les opinions s’accordent sur le fait que la rapidité du progrès et de la prospérité d’une nation dépend largement de la gouvernance de ses affaires publiques. Au Cameroun, le sujet est particulièrement d’actualité depuis que le gouvernement fait une promotion active – par la mise en place d’une série de mécanismes et d’outils appropriés – de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption, et qu’il prévoit de se soumettre incessamment à la revue par les pairs du NEPAD dans ce domaine.
Parallèlement, de nombreux chercheurs du Cameroun ont produit, dans de multiples disciplines, un gisement d’idées originales qui pourrait servir de levier à l’essor d’une gouvernance de développement humain durable. Malheureusement, leurs productions intellectuelles, fruit de nombreuses années de recherches parfois financées par le budget de l’État, sont restées quelquefois hermétiques et inexploitables par les décideurs ou inaccessibles.
Depuis plusieurs années le CRDI se questionne sur l’utilisation des résultats de recherche par les décideurs de ces pays afin de contribuer effectivement à leur développement. En Afrique de l’Ouest et du Centre, le bureau régional du CRDI a choisi de créer en 2001, afin de l’appuyer dans cette tâche, une Commission des Conseillers Régionaux – un groupe de personnalités ouest-africaines ayant été, pour la plupart, actives tant dans le secteur de la recherche que dans les sphères de décisions de leur pays respectif. La Présidente de l’Association pour le soutien a la femme entrepreneur du Cameroun (ASAFE) représente son pays au sein de la Commission des Conseillers régionaux.
Sous l’impulsion de la Commission, le Bureau Régional du CRDI pour l’Afrique du Centre et de l’Ouest (BRACO), a programmé six (6) rencontres nationales pour la promotion du dialogue entre chercheurs et décideurs politiques. Quatre ateliers ont été déjà organisés, sur l’Agriculture au Sénégal en juin 2004, sur l’Education au Burkina Faso en janvier 2005, sur le développement du secteur privé au Ghana en juillet 2005, et sur la sécheresse et la désertification au Mali en février 2006.
C’est dans le cadre de ce cycle de rencontres chercheurs-décideurs que le CRDI a accepté de soutenir l’organisation du Symposium de Yaoundé, en partenariat avec l’Agence canadienne pour le développement international (ACDI) et ASAFE. La problématique de la gouvernance a retenu l’attention des conseillers régionaux tant en raison de l’acuité de la thématique pour l’Etat du Cameroun, qu’en raison de l’importance des organismes et des travaux de recherche qui existent dans ce domaine.
L’objectif de ce symposium est de faire prendre aux dirigeants et aux chercheurs camerounais l’exacte mesure de l’autonomie que pourraient tirer les politiques de développement d’une meilleure synergie entre eux. Dans le contexte de la prise de décision et de la bonne gouvernance, le symposium devrait permettre aux décideurs d’être davantage sensibilisés à l’utilisation des résultats de recherche et aux chercheurs de mieux prendre en compte les préoccupations des décideurs dans leurs activités de recherche. De plus, ce Symposium cherchera à identifier les contraintes relatives au dialogue entre chercheurs et décideurs pour explorer les conditions de réussite de ce dialogue, en vue de dégager les éléments nécessaires à l’élaboration d’un plan d’action sur cette question.
OUVERTURE OFFICIELLE
Ponctuée de quatre allocutions, la cérémonie d’ouverture s’est déroulée sous le haut patronage du ministre de la recherche scientifique et de l’innovation, représentant du premier ministre, chef du gouvernement, Chief Inony Ephraim. Prenant la parole la première, Mme Gisèle NYITAMBEN, conseillère régionale du CRDI pour le Cameroun a souhaité la bienvenue aux participants au colloque dans cette perspective, elle a salué la présence à cette assise De ses collègues conseillers régionaux, du directeur régional du CRDI et de Madame Marie Angélique SAVANE première présidente du mécanisme Africain d’évaluation par les pairs. Elle s’est réjouit du soutien apporté par les autorités nationales pour la tenue du colloque ; saisissant cette occasion, elle a situé le symposium dans un environnement de crises socio-économique et politique, marqué par des problèmes de gouvernance d’où l’intérêt qu’il offre en tant que rencontre entre intelligences des chercheur et décideurs pour « briser le cercle vicieux de la pauvreté ».
Monsieur Gilles FORGET, Directeur Régional du CRDI, a quant à lui présenté les missions de son organisation, avant de situer la rencontre de Yaoundé dans un cycle de rencontre similaires en Afrique du centre et de l’ouest. Il s’est réjouit de ce que le thème choisit cadre avec un environnement camerounais en pleine recomposition, où les différents acteurs sont engagés dans des processus de bonne gouvernance et de la lutte contre la pauvreté. S’inspirant des expériences menées en Afrique de l’ouest, il a également souligné les principaux freins à la collaboration entre chercheurs et décideurs en terme d’inexistence des cadres d’échanges, de difficulté d’accès à l’information, de non-fluidité entre les différents chercheurs, des problèmes de financement, et d’opacité entre les deux camps .
Dans son allocution, Monsieur Gilles SAVARIA, Haut Commissaire du Canada au Cameroun a loué la collaboration entre le Cameroun et le canada et a présenté le CRDI comme l’un des fleurons de cette collaboration ; revenant au colloque, monsieur SAVARIA s’est appesantis sur la nécessité, comme l’avait déjà précisé ses prédécesseurs, d’une collaboration entre chercheurs et décideurs en vue de produire les techniques dont on a besoin le développement effectif du Cameroun. Pour cela, il faudrait que les résultats de la recherche soit utilisés par les décideurs en intégrant les principes de bonne gouvernance qui selon lui, inclut dans un système démocratique car « il n’est de bonne gouvernance qu’une gouvernance démocratique », l’exercice du leadership, de la transparence et de la responsabilité dans la gestion des affaire. Il y’a donc une nécessité de fédérer, de mutualiser les différents savoirs des deux partis impliqués. Il a achevé son discours en formulant le vœu de voir bientôt adoptée, la Charte africaine sur la gouvernance et la démocratie.
Le ministre de la recherche scientifique et de l’innovation quant à elle, avant de déclarer officiellement ouvert le symposium, a tenu a repréciser la place des universités et des chercheurs (recadrer les études universitaires pour leur permettre de répondre aux besoins actuels) et de préciser les apports dudit symposium sur l’Etat camerounais notamment avec l’impact de la recherche sur le processus décisionnel au Cameroun.
I- RELATION CHERCHEURS-DECIDEURS : EXPERIENCES ET REUSSIT
A- SYNTHESE DES PRESENTATIONS
A-1- La problématique de la relation chercheurs-décideurrs : quelques leçons apprises de l’expérience du CRDI (Jérôme Gérard)
De manière globale, cet exposé a rendu compte de vingt-deux études dans différents pays ; les résultats ont ainsi pu mettre en lumière une typologie de relations entre chercheurs et décideurs catégorisée en cinq types :
- Les décideurs savent qu’ils ont besoin de connaissances (situation idéale)
- Intérêt de l’Etat : la question figure à son programme de travail et d’action, mais le gouvernement ne sait que faire (l’intérêt de l’Etat existe mais il ne sait que faire)
- Intérêt de la recherche : la question se pose de manière précise, mais le gouvernement n’est pas prêt d’agir (la recherche voit l’intérêt mais l’Etat n’est pas prêt d’agir).
- Problème nouveau : il n’y a pas d’intervention de l’Etat, mais existence d’un solide programme de recherche.
- Manque d’intérêt et/ou hostilité du gouvernement (le secteur public n’a pas l’intention de se pencher sur le problème posé pour l’instant).
A la fin de son exposé, Jérôme Gérard a précisé les points clés à améliorer dans la relation chercheurs –décideurs. Pour cela, il faut selon lui:
- Renforcer la capacité des chercheurs
- Travailler à un appropriation de la recherche par les décideurs
- Persistance dans le sens de l’endurance de la recherche et de la collaboration
- Travailler avec l’intention d’influencer la politique
- Communiquer et diffuser des résultats
- Mettre en place des systèmes de soutien
- Parfaire une méthodologie d’approche et se doter d’outils conséquents)
A-2- Le mécanisme d’évaluation par les pairs du NEPAD (Marie- angélique Savané)
Le MAEP est un mécanisme autonome créé par l’UNION AFRICAINE lors de sa trente huitième session en juillet 2002 à Durban (Afrique du Sud) après l’adoption de la déclaration sur la gouvernance démocratique, politique, économique et des entreprises. Dans la vision du NEPAD, le MAEP est une initiative majeure pour mettre en œuvre les principes de la Démocratie et de la Bonne gouvernance. Ainsi, son objet est de faire évaluer par les africains eux-mêmes, la gouvernance dans les domaines : politique, économique et des entreprises, dans les Etats qui ont souscrit aux mécanismes et qui acceptent de se prêter à cet exercice.
Le but ultime du MAEP est donc d’encourager les états capables de promouvoir ses objectifs, à adopter des politiques, des normes et des pratiques pour promouvoir la stabilité politique, une croissance économique élevée, un développement durable et une intégration économique sous régionale et continentale accélérée grâce à l’échange d’expériences et au renforcement des bonnes pratiques et des acquis dans les domaines de la gouvernance et du développement socio-économique. Et pour englober l’ensemble de ces préoccupations, quatre secteurs d’évaluation ont été identifiés :
- – la Gouvernance politique et la Démocratie
- – la Gouvernance économique
- – la Gouvernance des entreprises
- – le Développement socio-économique
L’accession au MAEP se fait sur une base volontaire pour tous les états membres de l’Union Africaine. A ce jour vingt cinq pays (25) ont adhéré au processus par la signature d’un Mémorandum d’Entente. Les principes directeurs du MAEP sont : l’appropriation, la participation et le partenariat. Mais aussi la compétence technique, l’objectivité, la crédibilité et l’indépendance par rapport à toute interférence politique.
Ainsi l’ensemble du processus est initié et pris en charge par des Africains sur une base volontaire dans un partenariat avec les institutions régionales et nationales et une participation de tous les acteurs de la société qui travaillent avec les gouvernements. Ainsi le recours à des acteurs non africains, n’est considéré qu’à titre exceptionnel. Les résultats de l’exercice seront donc la conséquence des efforts entrepris collectivement par les Africains pour des objectifs communs définis collectivement. La responsabilité de l’échec ou du succès du mécanisme dépend donc entièrement des africains. Car ce sont eux qui décident de s’auto-évaluer, de proposer un plan d’action de sortie de crise et de l’exécuter. C’est en ce sens que l’exercice est une première, car il dérive de la volonté politique des chefs d’Etat et dans sa mise en œuvre exige la participation de toutes les parties prenantes.
Le processus d’action du MAEP se subdivise en cinq étapes clés dont l’étape préparatoire au cours de laquelle le secrétariat prépare un document de base, un état des lieux, la Démocratie, la gouvernance politique, économique et des entreprises et le développement socio-économique. Ensuite, c’est celle de la revue proprement dite. Une équipe d’évaluation dirigée par un membre du Panel et composé d’experts africains indépendants, de représentants des institutions partenaires (BAD, CEA, PNUD) et du secrétariat se rend dans le pays durant trois (03) semaines. La troisième phase est celle de la rédaction du rapport qui inclus les données et les informations collectées par le secrétariat ou recueillies durant la mission dans le pays, auprès de sources officielles ou officieuses, durant les interactions avec les différents acteurs. Le quatrième moment fort est celui de l’évaluation par les pairs. Le Forum des chefs d’états examine le rapport et les annexes du gouvernement. Dans le cadre d’une discussion libre, le forum invite le chef d’état concerné à s’exprimer sur les analyses et les recommandations du rapport. Si le gouvernement fait preuve de bonne volonté et accepte de combler les lacunes identifiées, de changer les lois incriminées, de créer un environnement propice au changement, alors le forum demande le soutien des autres états et l’assistance des partenaires au développement pour la mise en œuvre du Plan d’Action. Si le gouvernement ne fait pas montre de la volonté politique nécessaire, le forum doit s’efforcer à engager un dialogue constructif et en cas d’échec, le forum devra envisager les mesures appropriées pour faire pression sur ce gouvernement. Enfin, Six mois après son examen par le forum, le rapport est présenté officiellement au Parlement Panafricain, à la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, au Conseil de la Paix et de la Sécurité, au Conseil Economique, Social et Culturel de l’Union Africaine.
Dans un domaine aussi sensible que celui de la gouvernance en Afrique, il fallait créer les conditions objectives d’un véritable débat sur les vicissitudes de la gestion des Etats et d’un dialogue politique consensuel sur le plan national d’action et sa mise en œuvre. Le Panel exige donc des institutions techniques de recherche notamment fondées sur des capacités et des compétences de haut niveau des références et des expériences avérées et la neutralité politique et c’est dans ce sens que cet exposé rentre parfaitement dans le cadre de l’échange entre chercheurs et décideurs car tut au long du processus, le mécanisme fait appel à une abondante contribution des chercheurs et surtout à leur indépendance d’esprit.
A-3- Eclairer la gouvernance par la recherche : l’expérience du rapport sur la corruption dans le secteur de la santé au Sénégal (Abdou ndao)
Cet exposé mettait en exergue les résultats et les difficultés rencontrées durant une étude et qui visait à répondre à la question de savoir de quelle manière le rapport sur la corruption dans les structures de santé (2005) a pu influencer de façon significative les décideurs politiques au Sénégal pour s’engager à améliorer les performances du système de santé et à lutter efficacement contre la corruption dans le secteur de la santé.
Ce questionnement a permis de reconstituer un processus complexe de collaboration directe entre une institution d’appui à la recherche (CRDI), une institution de la société civile sénégalaise (Forum Civil), une équipe de chercheurs pluridisciplinaires (Laboratoire de Recherche sur la Gouvernance –LAREG), l’Etat du Sénégal et les autres partenaires impliqués, plus tard, dans le processus (ordres professionnels des médecins, pharmaciens, sages femmes, infirmiers, syndicats, etc.). L’étude a débauché sur plusieurs conclusions :
- – les structures de santé sont caractérisées par une gouvernance pathogène.
- – l’ineffectivité des contrôles et inadaptation de quelques textes réglementaires. Plusieurs tendances contrastées peuvent être notées à partir d’un dépouillement des textes réglementaires et législatifs entre 1960 et 2003.
- – la légitimation de la corruption par la société.
- – la corruption n’est pas un acte individuel et les réseaux constituent les ressorts de cette dernière.
De la publication à la restitution des résultats de l’étude, le Forum civil a voulu Impliquer les acteurs dans l’appropriation des résultats ; c’est ainsi qu’ils ont contacté le Président de la République, le ministère de la santé, les ordres professionnels. Des débats télévisés ont également été organisés et la presse impliquée. Si l’étude constituait un apport réel dans la gouvernance sénégalaise, les réactions en opposition de certains partis en ont constitués des freins réels.
Pour l’exposant, l’étude sur la santé suscite et continue de susciter encore de l’intérêt à travers l’Afrique voire le monde. Outre les invitations pour présenter les données en provenance de différentes institutions, des offres de « replicabilité » sont proposées dans d’autres parties de l’Afrique. C’est ainsi qu’en relation avec l’Organisation de Coordination pour la Lutte contre les Endémies en Afrique centrale (OCEAC) le Forum Civil projette de réaliser une étude régionale sur le même thème au Cameroun, au Congo Brazzaville, au Gabon, en Guinée Equatoriale, en République Centrafricaine et au Tchad.
Les leçons tirées de cette expérience sont que, dans un processus de changement social, il faut non seulement une documentation fouillée de la thématique à travers une recherche, une bonne argumentation, la mobilisation d’un réseau de collaboration jusqu’au plus haut niveau de l’Etat et d’un rôle positif et mesuré des médias.
A-4- La gouvernance socio-économique comme urgence de dialogue entre chercheurs et décideurs : le cas de l’UGICAES à Santchou (Pr. Charly Gabriel Mbock)
Santchou (Menoua) a retenu le chercheur pour avoir expérimenté le défi de gouvernance sur le terrain de l’économie sociale. L’UGICAES a, de manière empirique, géré la complexité de la gouvernance socioéconomique et, indirectement, interpellé les détenteurs du savoir et du pouvoir pour un dialogue productif de performances multisectorielles. En effet, la Sodérim a vu le jour en 1977 suite à la disparition de la Midérim, elle-même créée en 1973. Mais dès sa création, la Soderim aussi portait en elle les germes de sa disparition, puisqu’elle avait été mise sur pied sans qu’on se soit assuré au préalable qu’elle produirait la matière première (le riz) susceptible de l’alimenter ; en effet, sur les 4.050 ha mis à sa disposition en vue de la réalisation de ses projets, cette entreprise n’a pu exploiter que 200 ha ; encore qu’elle se contentait de racheter le paddy produit par des paysans qu’elle encadrait. A partir de 1985, la Sodérim en proie à son gigantisme et à la conjoncture économique, connaît ses premières difficultés. Quand arrive M. Yonke Jean-Baptiste en 1988, la Soderim est criblée de dettes. La riziculture connaît d ‘énormes handicaps. Seules restent des infrastructures. Face à cet échec, le Directeur Général prend un certain nombre d’initiatives : la formation des paysans d’une part, l’introduction et la diversification des cultures nouvelles d’autre part. Il permet ainsi aux paysans d’opter pour des cultures de production moins coûteuse telles que les cultures maraîchères (tomates, pastèques, gingembre, etc.), la culture de l’ananas et des denrées comme le manioc. Grâce à cette reconversion, des Employés sont devenus des travailleurs agricoles par la création de cinq (5) GICs notamment un GIC – riz , un GIC-ananas, un GIC-UMAS , un GIC-maraîcher et une GIC- éleveur.
Cet exposé a ainsi rendu compte d’une étude de cas. L’exposant a d’abord reprécisé la problématique ; en effet, il se pose la question de l’utilisation du savoir et des rapports entre le savoir et le pouvoir. Or toute mise en présence ou en relation d’objets différents implique leur gestion. Le monde actuel rappelle au quotidien qu’il faut dépasser le rationnel vers le relationnel. C’est la question globale de la gouvernance que nous pourrions succinctement définir comme l’exigence de prise en compte et de mise en commerce d’un existant pluriel et complexe, en mal de reconnaissance, d’équilibre et d’équité. Le défi de la gouvernance implique de reconnaître que la société n’est pas linéaire, mais complexe ; et que toute gestion linéaire de la société se réduit à l’autorité, expose aux autoritarismes. Au contraire, reconnaître la complexité sociale enseigne que sa gestion n’est plus une question d’autorité mais de pouvoir, valeur de société qui n’existe que par la relation ou l’interaction entre gouvernants et gouvernés, par la reconnaissance des uns par les autres, par la délégation même que seul le pouvoir suppose.
L’expérience de l’ UGICAES est finalement un exemple réussi de la synergie entre les chercheurs et les décideurs puisque dans le cas d’espèce, le décideur du projet était également un chercheur. La leçon serait donc la nécessité d’une synergie entre chercheurs et décideurs sinon, d’une fusion du chercheur au décideur.
A-5- L’expérience du programme national de gouvernance au Cameroun (Pr. Dieudonné Oyono)
Le programme national de Gouvernance est en réalité un partenariat entre l’Etat, le secteur privé et la société civile. Il s’agit d’une véritable œuvre de refondation de la stratégie de développement économique et social du Cameroun. En effet, pendant près de vingt ans, l’Etat camerounais a été le principal acteur du développement économique et social. Au milieu des années quatre-vingts, sous l’effet de la crise économique, le pays s’engage dans les programmes d’ajustement structurel (PAS). Ces programmes impliquent le désengagement de l’Etat des secteurs économiques et sociaux et présentent le secteur privé comme la clé de voûte de la croissance économique et de la régulation sociale.
Seulement, dans le vécu quotidien, la logique du marché et ses principes fondés sur la performance et la compétitivité vont paradoxalement se révélés être un facteur d’aggravation des conditions de vie des couches vulnérables et d’exclusion sociale. Pour remédier à cette situation, avec l’aide des partenaires au développement, l’Etat camerounais met sur pied les « Dimensions Sociales de l’Ajustement » (DSA). Ce nouveau pan n’élimine pourtant pas les effets pervers des PAS.
La question était alors de réfléchir à une réintroduction de l’Etat dans la stratégie de développement économique et social, dans un environnement où le secteur privé et la société civile ont désormais leurs mots à dire et des champs d’actions bien définis. Le programme national de gouvernance est la réponse à cette interrogation.
Ce programme a investi cinq domaines prioritaires dans son activité :
- – la mise en place d’une administration publique au service des usagers
- – la consolidation de l’Etat de droit à travers la mise en place d’un environnement juridique et judiciaire garantissant la sécurité des personnes, des biens et investissements.
- – La promotion d’une culture de responsabilité dans la gestion économique, financière et sociale et l’obligation de rendre compte.
- – Le renforcement de la transparence dans la gestion des affaires publiques en luttant contre la corruption.
- – La mise en place des structures de la décentralisation pour une participation effective et efficiente des populations dans la gestion des affaires publiques.
Cet exposé présente une tentative de dialogue entre les gouvernants, le secteur privé et la société civile et surtout la nécessité de l’implication de tous les acteurs (chercheurs et décideurs compris) au processus de développement.
B- IDEES FORCES DES DISCUSSIONS
Les débats qui ont suivis ces présentations ont donné lieu à des échanges riches desquels il ressort certains points saillants :
– la marge de manœuvre de l’Etat dans la planification stratégique de la recherche
L’un des intervenants a fait rappeler le problème de la neutralité et de la marge de manœuvre de l’Etat face aux obligations et aux exigences des bailleurs de fond et/ou des Institutions de Bretton Woods dans la mesure où, l’Etat peut s’avérer être la principale source de captation des financements pur d’éventuels projets de recherche. Or pour cet intervenant, Cette situation met l’Etat dans une impasse car comment financer un projet dont la thématique peut constituer une entrave à l’image ou au fonctionnement du bailleur de fond impliqué. L’exemple donné a été le cas d’une étude qui pourrait être financée par la Banque Mondiale et dont la thématique viserait à “contourner” les contraintes des institutions de Bretton woods.
– Le caractère néo-libéral du modèle MAEP et le problème de sa publicité.
Un autre intervenant a reproché à la MAEP son caractère néo-libéral qui ne cadre pas toujours avec les réalités africaines notamment l’approche néo-libérale de la démocratie et de la gouvernance. Il lui a été rappelé par Marie-Angélique Savané que c’est dans ce cas précisément que l’implication du chercheur est requise pour penser la conciliation entre le modèle néo-libéral (modèle de fonctionnement socio-économique par excellence) et les réalités locales des Etats africains. L’alternative rentable serait de faire collaborer les chercheurs et les décideurs. Par ailleurs, les chercheurs africains ne doivent pas se contenter de contester des modèles, mais ils doivent pouvoir enrichir les débats par des propositions alternatives et constructives.
Dans le même ordre d’idée, un autre participant a posé la question de savoir « pourquoi un instrument aussi “merveilleux ” est si peu médiatisé ? ». Madame Savané a reprécisé les difficultés liées au contexte d’émergence de cette structure notamment avec au départ, le peu d’engagement financier des Etats partis. D’après elle, la situation devrait pouvoir changer car le MAEP est le point de mire de toute la communauté international.
– La problématique de la confrontation entre le leadership, le chercheur et le décideur.
Un certain nombre de participants se sont interrogés sur les raisons profondes de l’échec de la soderim et les ressorts de la transformation qui a court à travers l’exemple du GIC- UJICAES. Au cœur de ces interrogations se trouve la question du management et du leadership. Pour Gabriel Mbock, le monde a besoin de leader et non de manager ; le manager ne gère que ce qui existe déjà alors que le leader transforme le futur en avenir, matérialise les concepts. Pour lui, le Cameroun a une « gouvernance qui souffre de gouvernite et qui a un problème pour gouverner ».Les ressorts du succès d’UGICAES est qu’on a retrouvé dans la même personne, le leader et le décideur ; il ne s’est donc pas agit de confrontation entre ces deux personnages complémentaires des processus de développement. Par ailleurs, pour l’exposant, la pauvreté n’est pas une fatalité ; les populations regorgent d’un potentiel humain et créatif réel, elles n’ont besoin que d’un soutien et d’un encadrement méthodologique.
►le jeu des acteurs : entre récriminations et acceptations de la démarche.
Concernant la corruption dans les centres de santé, un participant a tenu à préciser que ce fléau continue de prendre de l’envergure parce que l’Etat n’a mis sur pied aucun principe de sanction dès lors, on s’installe dans un contexte d’impunité propice à toute forme d’abus. Et pour lui, si l’Etat ne sanctionne pas, les populations offrent une autre forme de sanction, une sanction qu’on pourrait qualifier de symbolique car 60% va se faire soigner auprès des médecins traditionnels parfois au prix de leur vie. Il faudrait donc mettre un accent sur les besoins et les attentes des populations et non sur les modes de fonctionnement de l’Etat. Par ailleurs, l’enquête a connu des fortunes différentes selon que les acteurs se sentaient incriminés ou non, ou défendaient des intérêts implicites ou explicites. Dans une telle situation, le recours aux réseaux de pouvoir ou à la hiérarchie pourrait permettre d’avancer.
► Le rôle de la presse
Le second point fort est le jeu de la presse car il se pose le problème du moment réel de l’intervention celle-ci: doit-elle intervenir pendant que le processus de facilitation du changement est en cours ? Ou après coup, juste pour capitaliser et diffuser les gains ?
►La corruption comme fait social global.
Enfin, la corruption est perçue comme un fait social global, imbriqué dans des réseaux sociaux qu’il n’est pas facile de démêler au risque de provoquer des déséquilibres sociaux importants. Il est donc utile par un travail de sensibilisation de responsabiliser toutes les composantes sociales par rapport aux pas des changements à faire.
II- ETAT DU DIALOGUE ENTRE CHERCHEURS ET DECIDEURS DANS LE DOMAINE DE LA GOUVERNANCE AU CAMEROUN
Cette session avait pour objectif de permettre aux différentes catégories d’acteurs de réfléchir sur la thématique du colloque, de manière à dégager par rapport au dialogue chercheurs décideurs dans le domaine de la gouvernance au Cameroun, les éléments favorables et défavorables du contexte, et de faire des propositions. Deux ateliers ont ainsi été constitués.
Des différents ateliers (un constitué des décideurs et l’autre des chercheurs), il en est ressorti les éléments contenus dans les deux tableaux ci-dessous.
RAPPORT DU GROUPE DES DECIDEURS
| CONTEXTE | FAVORABLE | DEFAVORABLE | PROPOSITION DE SOLUTIONS |
|---|---|---|---|
| Gouvernance politique | – Existence de très bons chercheurs – PNG élaboré sur une base consultative – Masse importante de Chercheurs – Existence de très bons chercheurs – Plateforme d’un partenariat public/privé (par exemple pour la production de la banane plantain – Processus de décentralisation en cours | – Méfiance – Absence de passerelles dans la mise en œuvre – Sous équipement (par exemple cartographie polyvalente Yaoundé) – Perception du pouvoir – Non dissémination des résultats – Trop de recherche fondamentale et pas de recherche appliquée – Absence de concertation des chercheurs – Absence de structures ad hoc opérationnelles de recherche scientifique – Absence de structures de vulgarisation des résultats – Ignorance des résultats de la recherche – La méconnaissance des opportunités de recherche – La recherche ne semble pas représenter une priorité – Absence de planification – Insuffisance des budgets de recherche – Les recherches s’étalent dans le temps – Les chercheurs sont utilisés pour les consultations et les études – Les structures de recherche dépendent de l’Etat qui peut les manipuler – Non implication du secteur privé dans l’utilisation des résultats – Absence de réseaux de chercheurs – Problèmes de leadership – Risque d’instrumentalisation des chercheurs – Manque de communication de la part des chercheurs – Absence d’espace d’expression des besoins – Multiplicité des instruments de décision – Absence de coordination – Chercheurs peu disponibles pour le secteur privé – Absence de partenariat chercheurs/secteur privé – Absence de structures de concertation chercheurs/secteur privé pour améliorer la compétitivité, la gestion, le fonctionnement des conseils d’administration – Absence de politique générale de recherche – Non capitalisation des résultats de recherche et de l’expérience – Absence d’archivage – insuffisance des ressources pour le financement de la recherche – Manque d’information et de sensibilisation des décideurs par les chercheurs – Absence de plaidoyer et de lobbying – Complexe du colonisé – Absence d’un cadre incitatif de soutien de la recherche industrielle et appliquée – Mécanisme de publication des résultats – Retard dans les NTIC – Absence de revues scientifiques spécialisées – Manque de transparence – Manque de culture de recherche – Procédures bureaucratiques lourdes de l’OAPI |
RAPPORT DU GROUPE DES CHERCHEURS
| CONTEXTE | FAVORABLE | DEFAVORABLE | PROPOSITION DE SOLUTIONS |
|---|---|---|---|
| INSTITUTIONNEL | – Multiplicités des centres de recherches – Révolution des technologies de l’information et de la communication – Autonomie du fonctionnement de l’université – Rôle de l’université (enseignement, recherche, servir la communauté) | – Faiblesse des ressources financières allouées à la recherche – Pas de stratégie de recherche – Manque de plan stratégique – Manque de politique gouvernementale pour la recherche ; – Mise au tiroir des produits de la recherche ; – La centralisation de l’administration ; – Le manque de fonds disponibles ; – La forte croissance démographique des étudiants ; – Faible formulation des propositions de recherche ; – Faible lien entre les résultats et l’action ; – chercheurs sont influencés par les décideurs (peur des représailles de leurs résultats) ; – Les propositions de recherche ne correspondent pas aux besoins ; – Manque de lien entre les résultats de la recherche et l’application ; – Les décideurs font des demandes de recherche mais pas aux centres de recherche universitaires qui regorgent de capacité ; – Explosion des institutions de recherche au profit de la recherche individuelle. | |
| LOCAL | – Sites Web – Certains chercheurs sont des décideurs | – transparence et logique de l’action des décideurs ; – L’incapacité de détecter qui est décideur ; – Servitude des décideurs qui font constamment appel à l’expertise extérieure ; – Manque de volonté politique – Absorbé par les tâches administratives, les rapports ne sont pas lus ; – La gouvernance est un domaine nouveau et sensible et les chercheurs ont peur d’aborder la question ; – Le système public valorise beaucoup plus les décideurs et non les chercheurs ; – Peu de décideurs croient à la recherche ; – Mauvais ciblage de l’expertise ou bien manque de pluridisciplinarité – Peur du challenge ; – La même politique de financement ne doit pas être appliquée aux universités ; – Manque de liberté idéologique par ce que le chercheur est fonctionnaire ; | |
| NATIONAL |
III- QUELLE STRATEGIE POUR UN DIALOGUE DURABLE ENTRE CHERCHEURS ET DECIDEURS AU CAMEROUN
La session avait pour objet d’échanger autour des travaux des groupes constitués la veilles pour en dégager les points de convergence et de divergence de manière à bâtir une stratégie commune
A- ELEMENTS DE STRATEGIE
Il se dégage des échanges qui ont suivi ce croisement que :
Il manque une politique générale de la recherche, un cadre qui est non seulement incitatif pour la recherche, mais également qui permet de d’orienter les thématiques dans les secteurs demandés par les politiques .Cette situation est en partie générée par l’absence de passerelles entre les travaux des chercheurs et les attentes des politiques.
A côté de ces difficultés d’ordre structurelles, les participants se sont accordés sur l’insuffisance et parfois le déficit de ressources allouées à la recherche. De ce point de vue, ils ont observé la carence de dispositifs de financement de la recherche, ce qui parfois est l’expression d’une faible volonté politique à encourager les travaux de recherche, et surtout à en faire le préalable à toute initiative de développement.
Un autre point de convergence a été le climat de méfiance qui règne entre le décideur et le chercheur. Cette méfiance est nourrie par des perceptions antagonistes et réciproques des deux protagonistes. Si pour les politiques le chercheurs est un spéculateurs, perdu dans des réflexions sans liens avec le vécu quotidien, et surtout avec les logiques de la politique, Le chercheur se méfie de la capacité de manipulation de l’homme politique et quelquefois de la politique, à, qui il attribue un potentiel de corruption de ces agents. Les chercheurs poussent d’ailleurs plus loin leurs récriminations car pour eux ceux des leurs qui sont devenus décideurs deviennent quelquefois les bourreaux de leur corps d’origine. Ce dont se défendent les concernés, en regrettant tout simplement une absence de méthode et surtout de démarche stratégique de leurs collègues restés à la recherche.
Par ailleurs, les participants noté l’absence de synergie entre les chercheurs, ce qui ne facilite pas une interfécondation, nécessaire dans tout processus de recherche.
Sur la base de ces remarques, les participants ont fait les propositions suivantes :
1- s’agissant d’une absence de politique générale de la recherche, les participants ont convenu de :
- Amener le décideur politique à concevoir une politique nationale de la recherche
- créer un cadre de concertation participatif entre chercheurs et décideurs ou activer les cadres existants
2- pour ce qui est de l’absence de passerelles entre chercheurs et décideurs les participants ont envisagé
- créer un cadre de concertation participatif entre chercheurs et décideurs ou activer les cadres existants
- le décideur doit responsabiliser et libérer le chercheur
- les chercheurs doivent se rendre utiles
- sensibiliser les décideurs sur le potentiel des chercheurs
3- concernant l’absence de dispositif pour financer la recherche les participant ont retenu
- La création d’un fonds national pour la recherche alimenté par tous les décideurs
- L’Utilisation optimale des ressources engagées
- L’adoption d’une loi pour la mobilisation des ressources
- Le renforcement des capacités en management et en fundraising des chercheurs
- La nécessité de faire des incitations fiscales au secteur privé pour qu’il finance la recherche
4- Au sujet de l’adéquation entre propositions de recherche et les besoins des populations il s’agira de :
- sensibiliser les chercheurs aux priorités des décideurs
- réactiver le conseil supérieur de la recherche scientifique et technique
- adapter les thèmes de recherche aux besoins des utilisateurs
- trouver un consensus sur les objectifs de recherche
- réactiver le conseil national de la recherche et de la recherche technique
- Utilisation des ressources humaines d’une manière optimale et valorisante
5-S’agissant du faible lien entre les résultats de la recherche et l’action, on retiendra
- L’établissement d’un cadre réglementaire, juridique et institutionnel d’échange, de partage et de dissémination de l’information (site web, espace de rencontre, etc.).
- La nécessité de donner suffisamment de temps à l’expérimentation des résultats de recherche avant leur vulgarisation
- Promotion d’une politique de publication, de dissémination des résultats de la recherche (création de revues scientifiques de renom ; mise en place de moyen de protection de valorisation et de diffusion des inventions
- L’organisation des journées de la recherche (portes ouvertes, expositions…)
Enfin concernant l’absence de réseaux entre chercheurs les participants souhaitent :
- Que Soit rétabli l’autorité scientifique de la hiérarchie dans les universités afin d’encadrer les jeunes chercheurs de façon efficace
- Collaboration entre universités et instituts de recherche, nord – sud ainsi qu’avec les structures de décision.
Pour Gilles Forget, Directeur régional du CRDI, c’est la première fois, durant tous les symposium organisé en Afrique sur le dialogue chercheurs-décideurrs que les avis semblent coïncider ; signe que la passerelle pour la possibilité d’une synergie entre les deux camps peut être possible et rentable.
C’est ainsi qu’au cours de deux autres ateliers cette fois croisés, on a pu élaborer des solutions communes qui seront développées dans la partie suivante.
Le tableau ci- dessous récapitule l’ensemble des points de discussion ainsi que les résolutions :
RESULTATS DE LA SESSION 3 : QUELLE STRATEGIE POUR UN DIALOGUE ENTRE CHERCHEURS ET DECIDEURS ?
| Problèmes communs | Solutions |
|---|---|
| Manque de politique générale de recherche | 1. Amener le décideur politique à concevoir une politique nationale de la recherche. |
| Absence de passerelles | 1. créer un cadre de concertation participatif entre chercheurs et décideurs ou activer les cadres existants. |
| Manque de budget pour la recherche | 1. création d’un fonds national pour la recherche alimenté par tous les décideurs 2. Utilisation optimale des ressources engagées 3. Faire une loi pour la mobilisation des ressources 4. renforcer les capacités en management et en fundraising des chercheurs 5. Faire des incitations fiscales au secteur privé pour qu’il finance la recherche. |
| Méfiance entre décideurs et chercheurs | 1. le décideur doit responsabiliser et libérer le chercheur 2. les chercheurs doivent se rendre utiles 3. sensibiliser les décideurs sur le potentiel des chercheurs 4. sensibiliser les chercheurs aux priorités des décideurs 5. réactiver le conseil supérieur de la recherche scientifique et technique |
| Absence de correspondance entre les propositions de recherche et les besoins | 1. adapter les thèmes de recherche aux besoins des utilisateurs 2. trouver un consensus sur les objectifs de recherche 3. réactiver le conseil national de la recherche et de la recherche technique 4. Utilisation des ressources humaines d’une manière optimale et valorisante |
| Faibles liens entre les résultats et l’action | |
| Absence des réseaux de chercheurs | 1. Rétablir l’autorité scientifique de la hiérarchie dans les universités afin d’encadrer les jeunes chercheurs de façon efficace 2. Collaboration entre universités et instituts de recherche, nord – sud ainsi qu’avec les structures de décision. |
IV- ELEMENT DE PLAN D’ACTION EN FAVEUR D’UN DIALOGUE CHERCHEURS-DECIDEURS
Selon le programme de l’atelier, il était question de réfléchir sur la suite à donner à la réflexion de Yaoundé sur le dialogue chercheur et décideurs au Cameroun. C’est dans le cadre de cette réflexion qu’a émergé l’idée de plan d’action, et d’un comité de suivi des résolutions prises à Yaoundé. Mais compte tenu des enjeux d’un tel dialogue, les participants on voulu se donner plus de temps pour que leur plan d’action ai plus de consistance. C’est dans cette perspective qu’ils se sont promis de l’élaborer après l’atelier. Et pour que cette initiative ne sombre pas dans l’oublie, ils se sont donnés une date butoir (le 30 septembre) pour l’élaboration d’un plan d’action.
S’agissant du comité de suivi, les participants ont souhaité qu’il soit le plus représentatif des différents porteurs d’enjeux. Ici ont avait comme grands porteurs d’enjeux : Les chercheurs ; Les représentants de l’Etat (Décideurs publics) ; les décideurs privé. En terme de modalités de désignation des membres à ce comité, il a été demandé à chacune de ces catégories de se concerter et de désigner un représentant au comité.
Au terme des consultations, les personnalités suivantes ont été retenues pour être membres du comité de suivi :
- Décideur public : Prof Dieudonné OYONO
- Décideur privé : Mr Ferdinand MOTO
- Décideur société civile : Majesté Rameau SOKOUNDJOU
- Chercheur : Dr Isaac TAMBA
- Conseillère Régionale : Gisèle YITAMBEN
B- MODALITES DE MISE EN ŒUVRE
Des termes de références suivants ont été arrêtés pour le travail de ce comité. Il s’agira pour les membres du comité de travailler sur les questions suivantes :
- Elaboration du plan d’action (activités/échéancier) : délai 3 mois (30 septembre)
- Organisation d’un atelier national de restitution et de validation : Novembre
- Information/communication à un public plus large : société civile, Partenaires au développement, ONG,…
- Le Colloque s’est achevé par les allocutions différentes personnalités présentes.
ANNEXES
ANNEXE 1
Allocution de Gilles Forget du 21 juin
Directeur du Bureau régional du CRDI à Dakar
Monsieur le Premier Ministre
Monsieur le Haut Commissaire du Canada au Cameroun
Distingués invités,
Chers participants et participantes
Permettez-moi tout d’abord d’exprimer le plaisir que j’ai à être parmi vous, à Yaoundé, pour l’ouverture du Symposium de réflexion et d’échanges sur le dialogue entre chercheurs et décideurs au Cameroun.
Cette réunion est la cinquième d’une série de six rencontres. En effet, quatre rencontres ont déjà été organisées dans la sous-région entre chercheurs et décideurs : au Sénégal, au Burkina Faso, au Ghana et tout dernièrement au Mali.
Mais pourquoi une telle initiative ? Revenons un peu en arrière.
Comme vous le savez le Centre de recherche pour le développement international a pour mission de promouvoir le développement, en favorisant la recherche. Soucieux de faire correspondre ses programmes aux priorités et aux besoins des pays qu’il couvre, le CRDI et plus particulièrement son Bureau régional à Dakar, a créé, en 2001, une Commission des conseillers régionaux.
Ces conseillers, qui sont au nombre de dix, sont choisis en fonction de leur expertise. Leur vision élargie des problèmes du développement nous aide à identifier de nouvelles problématiques et de nouveaux thèmes pertinents relativement aux besoins de la sous-région afin de faire évoluer la stratégie du CRDI.
C’est à l’occasion d’une réunion de réflexion que tenaient la commission à Cotonou en 2003, que les conseillers régionaux du Bureau régional du CRDI à Dakar, ont identifié l’absence de concertation entre chercheurs et décideurs comme étant un obstacle fondamental à l’utilisation des résultats de la recherche.
Cette constatation est venue appuyer l’observation faite par le CRDI à travers les résultats de l’évaluation stratégique de l’efficacité des travaux de recherche qu’il soutient ainsi que de la manière dont ils influencent les politiques publiques et la prise de décisions. Ces résultats vous seront exposés lors de la première présentation du symposium.
Afin que la réflexion soit concrète et fondée sur les réalités vécues par les chercheurs et les décideurs, ces rencontres sont organisées sur une base régionale et sur un domaine thématique précis. Pour le symposium qui s’ouvre aujourd’hui, ce sont les relations chercheurs-décideurs dans le domaine de la gouvernance au Cameroun qui sera l’objet de nos discussions. Il s’agit là, vous en conviendrez, d’un sujet d’actualité au Cameroun qui se préoccupe de la bonne gouvernance et de l’éradication de la corruption.
Mesdames, Messieurs,
Qu’avons-nous appris à travers les débats et les réflexions qui ont été menés lors des quatre rencontres précédentes qui se sont déroulées, je le rappelle, au Sénégal, au Burkina Faso, au Ghana et au Mali ?
Concernant l’évaluation du dialogue qui prévaut entre les chercheurs et décideurs, les discussions ont permis de lister un certains nombres d’éléments favorables ou défavorables à l’élaboration de ce dialogue. S’ils ne sont pas toujours communs aux différents pays compte tenu des particularités nationales, on peut malgré tout retenir quelques points récurrents tels que :
- l’existence mais l’insuffisance de cadres d’échanges entre les chercheurs et les décideurs
- les difficultés d’accès aux résultats de la recherche et donc la nécessité de créer des canaux de diffusion appropriés
- la mauvaise connaissance des structures entre-elles
- les modalités déficientes de financement de la recherche
- l’absence fréquente de prise en compte des besoins des décideurs par les chercheurs
D’autre part, les participants ont constaté que les ateliers favorisent la concertation et la communication entre les deux parties.
En effet, ils constituent une occasion d’apprendre les uns des autres. Les chercheurs ont l’occasion d’apprendre comment présenter leurs idées et les résultats de leurs recherches aux décideurs de manière à ce que ces derniers puissent les comprendre et, finalement, les mettre à profit. Quant aux décideurs, ils apprennent à mieux exprimer leurs besoins aux chercheurs et à utiliser les résultats de recherche dans la prise de décision. Par conséquent, un apprentissage important se fait sur les liens d’interdépendance entre les deux groupes.
Les ateliers ont également permis au CRDI de collecter des informations d’une valeur inestimable concernant les priorités et besoins de la région, ainsi que les aspects sur lesquels des recherches pourraient être menées. En mettant l’accent sur un thème spécifique, les ateliers permettent d’identifier des points sur lesquels le CRDI peut prendre appui dans le cadre de sa programmation.
Mesdames, Messieurs,
Nous pouvons donc dire que les discussions ont été riches en enseignements et en résultats, comme le seront sans aucun doute celles qui seront menées aujourd’hui et demain.
Cependant à quoi servirait d’identifier des pistes de réflexion et des possibilités de solutions sans élaboration d’un plan d’action pour les mettre en œuvre ?
C’est ainsi que les participants des ateliers nationaux ont mis en place un comité de suivi avec pour mission d’élaborer un plan d’action.
Parmi les activités spécifiques qui leur incombent, ils doivent :
- a) évaluer le cadre actuel de concertation entre chercheurs et décideurs
- b) soumettre des propositions sur la manière de renforcer ce cadre et,
- c) communiquer les résultats importants permettant de réaliser les objectifs des ateliers.
- les modalités déficientes de financement de la recherche
- l’absence fréquente de prise en compte des besoins des décideurs par les chercheurs
Le comité de suivi de l’atelier du Sénégal est parvenu à ses objectifs en août 2005 en présentant un rapport sur ses activités et un plan d’action. Le comité du Burkina Faso vient de commencer ses activités. Nous attendons des propositions de suivi pour le Ghana et pour le Mali.
Nous sommes confiant que les échanges que vous mènerez pendant ces deux jours permettront d’étudier les voies et les moyens de renforcer ce dialogue entre chercheurs et décideurs au Cameroun à travers l’examen des interactions qui existent dans le domaine de la gouvernance. Nous espérons qu’ils vous aideront à mieux vous connaître et qu’à l’instar du Sénégal, du Burkina Faso, du Ghana et du Mali, un comité de suivi sera mis sur pied avec un mandat bien identifié.
Mesdames, Messieurs, je vous remercie et vous souhaite d’excellents travaux.
ANNEXE 2
Symposium de réflexion et d’échanges sur le dialogue entre chercheurs et décideurs dans le domaine de la gouvernance au Cameroun
Yaoundé 21-22 Juin 2006
PROGRAMME (*)
PROGRAMME (*)
9h00-9h30 Session d’ouverture sous la présidence de S.E. M. le Premier Ministre
- Mot de bienvenue, par Mme Gisèle YITAMBEN, Conseillère régionale du CRDI
- Allocution de S.E. Jules SAVARIA, Haut-Commissaire du Canada au Cameroun
- Allocution de M. Gilles FORGET, Directeur régional du CRDI (Dakar, Sénégal)
- Accueil officiel et ouverture du Symposium par S.E. Chief Ephraim ENONI, Premier Ministre du Cameroun
9h30 Pause Café
| SESSION 1 : RELATION CHERCHEURS DECIDEURS : EXPERIENCES ET REUSSITES | |
|---|---|
| 10h00 – 10h20 10h20 – 10h40 10h40 – 11h00 11h00 – 11h30 11h30 – 12h00 12h00 – 12h50 12h50 – 13h00 | «La problématique de la relation chercheurs–décideurs : quelques leçons apprises de l’expérience du CRDI», par Jérôme Gérard, CRDI (Dakar) « Mettre en oeuvre la gouvernance par la recherche en Afrique: le Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP) du NEPAD», par Mme Marie-Angélique Savané, première Présidente et membre éminente du MAEP « Eclairer la gouvernance par la recherche : l’expérience du rapport sur la corruption dans le secteur de la santé au Sénégal », par M. Abdou Ndao, Coordonnateur Programme Recherche du Forum Civil (Sénégal) Questions et Discussions Cas de dialogues entre chercheurs et décideurs dans le domaine de la gouvernance au Cameroun : «La gouvernance socioéconomique comme urgence de dialogue entre chercheurs et décideurs : le cas de l’UGICAES à Santchou», par Prof Charly Gabriel MBOCK, Directeur de recherches « L’expérience du Programme national de gouvernance au Cameroun – titre provisoire», par Prof. Dieudonné OYONO, Coordonnateur national du PNG Questions et Discussions Présentation des groupes de travail et des thèmes de l’après-midi |
13h00 Pause déjeuner
| SESSION 2 : ETAT DU DIALOGUE ENTRE CHERCHEURS ET DECIDEURS DANS LE DOMAINE DE LA GOUVERNANCE AU CAMEROUN | |
|---|---|
| 14h30 – 16h00 | Travaux en groupes (3 groupes ) : « Identifier les facteurs favorables et défavorables, dans le contexte camerounais, à l’établissement d’un dialogue permanent entre chercheurs et décideurs» Groupe 1 : Chercheurs Groupe 2 : Décideurs Groupe 3 : Mixte (chercheurs, décideurs, ONG, société civile) Modération : conseillers régionaux du CRDI |
16h00 Pause Café
| SESSION 2 : (suite) | |
|---|---|
| 16h15 – 17H30 | Séance plénière – Restitution des travaux des groupes – Discussions |
20h00 Réception offerte en l’honneur des participants du Symposium par le Haut Commissaire du Canada au Cameroun
=> Résidence officielle du Canada à Yaoundé
Jeudi 22 Juin 2006
| SESSION 3 : QUELLE STRATEGIE POUR UN DIALOGUE DURABLE ENTRE CHERCHEURS ET DECIDEURS AU CAMEROUN ? | |
|---|---|
| 9h00- 9h15 9h15 – 11h00 11h00 11h15 – 13h00 | Introduction de la session 3 Présentation de la composition des groupes mixtes chercheurs / décideurs et des thèmes de travail Travaux en groupes (3 groupes) « Quelles solutions pour lever les facteurs de blocage à une bonne synergie entre les chercheurs et les décideurs ? » Modération : conseillers régionaux du CRDI Pause Café Séance plénière – Présentation des résultats des groupes de travail, et discussion en assemblée |
13h00 Pause déjeuner
| SESSION 4 : ELEMENT POUR UN PLAN D’ACTION EN FAVUER DU DIALOGUE CHERCHEURS-DECIDEURS | |
|---|---|
| 14h30 – 16h00 | Synthèse générale des travaux du Symposium Discussion et adoption du rapport provisoire du Symposium |
16h00 Session de clôture:
- Lecture des recommandations
- Allocutions :
- Mot de remerciement par Mme Marina MASSOUGBODJI, Conseillère régionale du CRDI (Bénin)
- Impressions finales par M. Gilles FORGET, Directeur régional du CRDI (Dakar)
- Allocution de clôture par Mme Madeleine TCHUINTE, Ministre de la Recherche Scientifique et de l’Innovation
16h30 Pause café d’au revoir
ANNEXE 3
Allocution de Gisèle YITAMBEN du 21 juin
Conseiller régional du CRDI au Cameroun
Excellence Chief Inoni Ephraim, Premier Ministre et Chef du Gouvernement de la République du Cameroun,
Honorables députés à l’Assemblée Nationale,
Son Excellence Monsieur Jules Savaria, Haut Commissaire du Canada au Cameroun,
Monsieur Gilles Forget, Directeur Régional du Centre pour la Recherche et le Développement International Distingués invités.
Au nom du Comité d’organisation, au nom de ASAFE et en mon nom personnel, je vous souhaite la bienvenue à ce Symposium de réflexion et d’échanges sur le dialogue entre chercheurs et décideurs dans le domaine de la gouvernance au Cameroun.
Excellence Monsieur le Premier Ministre, nous sommes tout particulièrement honorés par votre parrainnage ainsi que le soutien que vous et les membres de votre gouvernement ont apporté pour la réalisation de ce Symposium. L’ouverture de ce Symposium par vous-même est une preuve de l’intérêt que l’ Etat Camerounais porte à cette rencontre .
En acceptant de parrainer ce Symposuim et en l’honorant de votre présence, Excellence, vous avez traduit la volonté du gouvernement camerounais, de briser le cercle vicieux de la pauvreté, du sous-développement, et vous avez manifesté son souci de contribuer et de participer à la réalisation des objectifs du milliénaire, pour la prospérité du Cameroun et le bien-être des camerounais en général.
Vous témoignez également, de l’intérêt que l’Etat camerounais porte sur le sujet, objet de ces assises, et qui nous réunit tous ici, à savoir la necissité d’une synergie entre chercheurs et décideurs,
Je souhaite tout particulièrement la bienvenue à mes collègues Conseillers regionaux venu du Burkina Faso, du Nigeria, du Sénégal, de Côte d’ivoire, du Bénin. Vous savez combien il est difficile de voyager en Afrique- En ce moment même, mon collègue le docteur Sesay Sheku, Ministre des Affaires présidentielles de Sierra Léone se trouve quelque part entre Accra et Lagos et n’arrivera que très tard ce soir.
Je salue tout particulièrement SE Mr Jules Savaria Haut Commissaire pour son soutien inestimable à l’aboutissement de ces travaux.
Je souhaite une chaleureuse bienvenue à Mr Gilles Forget et toute son équipe .
Un Symposium au Cameroun, ayant pour thème “l’impact de la recherche sur la prise de décision pour une bonne gouvernance”, devrait pouvoir servir de déclencheur à une ère de collaboration conduisant à une utilisation judicieuse du potentiel créatif national que recèlent la réflexion, les créations, les innovations et le savoir-faire endogènes des chercheurs nationaux.
Ainsi, le Centre de Recherche pour le Développement International (CRDI), dans sa mission de promouvoir le développement par la recherche, se préoccupe de la place de ses acquis dans la prise de décisions politiques.
Le CRDI a mis en place, en 2001, une Commission de Conseillers régionaux pour l’Afrique du Centre et de l’Ouest chargée d’orienter son action pour répondre aux préoccupations de la région. La Directrice d ASAFE au Cameroun est membre de cette Commission.
Sous l’impulsion de la Commission, le Bureau Régional du CRDI pour l’Afrique du Centre et de l’Ouest (BRACO), a programmé la tenue d’au moins 6 ateliers pour la promotion du dialogue entre chercheurs et décideurs politiques. Quatre ateliers ont été déjà organisés :
– sur l’Agriculture à Dakar au Sénégal en juin 2004 ;
– sur l’Education à Ouagadougou au Burkina Faso en janvier 2005 ;
– sur le secteur privé à Accra au Ghana en juillet 2005.
– sur la sècheresse et la désertification au Mali en février 2006
En partenariat avec ASAFE, l’ACDI, le CRDI a accepté de financer l’organisation d’un Symposium au Cameroun.
L’organisation du présent Symposium à Yaoundé, se situe dans la dynamique de la promotion du dialogue entre chercheurs et décideurs. Il porte sur le thème «Impact de la recherche sur la prise de décision politique pour la bonne gouvernance».
L’objectif de ce Symposium est de faire prendre à la fois aux dirigeants camerounais, et aux chercheurs, l’exacte mesure, non seulement de l’autonomie que pourraient tirer les politiques de développement, mais également des apports originaux que le pays pourrait présenter au rendez-vous mondial du “donner et du recevoir”. Toutes choses qui donneraient au Cameroun dans le concert des nations, une personnalité justifiant son potentiel naturel et l’ambition de grandeur légitime de son peuple.
Je vous remerci pour votre attention.
Annexe 4
Madame la Ministre de la Recherche Scientifique et de l’Innovation,
Monsieur le Haut – Commissaire du Canada au Cameroun et cher ami,
Honorables invités,
Chers participants :
Allow me to begin by expressing my great pleasure in being here with you, in Yaoundé, at the opening of the symposium for reflection and exchange on the dialogue between researchers and decision-makers in Cameroon.
This meeting is the fifth in a series of six. Indeed, four meetings have already been held in the subregion between researchers and decision-makers: in Senegal, Burkina-Faso, Ghana and, most recently, in Mali.
Let us examine the thinking behind this initiative by looking back to its origins.
As you know, the mission of the International Development Research Centre is to promote
At a meeting of the Council in Cotonou in 2003, the Regional Advisors of the Regional Office of IDRC in Dakar identified the lack of dialogue between researchers and decision-makers as a fundamental obstacle to the utilisation of research findings.
This observation supports another observation made by IDRC in the findings of its strategic evaluation on the effectiveness of the research work it supports as well as on the way in which this research influences public policy and decision-making. These findings will be featured in the first presentation of this symposium.
In consequence, IDRC has asked its Regional Advisors to organise a series of workshops, during which researchers and decision-makers examine the elements that either promote or hinder the establishment of fruitful.
Mesdames et Messieurs,
Afin que la réflexion soit concrète et fondée sur les réalités vécues par les chercheurs et les décideurs, ces rencontres sont organisées sur une base nationale et sur un domaine thématique précis. Pour le symposium qui s’ouvre aujourd’hui, ce sont les relations chercheurs- décideurs dans le domaine de la gouvernance au Cameroun qui sera l’objet de nos discussions. Il s’agit là, vous en conviendrez, d’un sujet d’actualité au Cameroun qui préoccupe de la bonne gouvernance et de l’éradication de la corruption.
Qu’avons-nous appris à travers les débats et les réflexions qui ont été menés lors des quatre rencontres précédentes qui se sont déroulées, je le rappelle , au Sénégal, au Burkina Faso, au Ghana et au Mali ?
Concernant l’évaluation du dialogue qui prévaut entre les chercheurs et décideurs, les discussions ont permis de lister un certains nombres d’éléments favorables ou défavorables à l’élaboration de ce dialogue. S’ils ne sont pas toujours communs aux différents pays compte tenu des particularités nationales, on peut malgré tout retenir quelques points récurrents tels que :
1/ l’existence mais l’insuffisance de cadres d’échanges entre les chercheurs et les décideurs
2/ les difficultés d’accès aux résultats de la recherche et donc la nécessité de créer des canaux de diffusion appropriés
3/ les modalités déficientes de financement de la recherche
4/ l’absence fréquente de prise en compte des besoins des décideurs par les chercheurs.
D’autre part, les participants ont constaté que les ateliers favorisent la concertation et la communication entre les deux parties.
En effet, ils constituent une occasion d’apprendre les uns des autres. Les chercheurs ont l’occasion d’apprendre comment présenter leurs idées et les résultats de leurs recherches aux décideurs de manière à ce que ces derniers puissent les comprendre et, finalement, les mettre à profit. Quant aux décideurs, ils apprennent à mieux exprimer leurs besoins aux chercheurs et à utiliser les résultats de la recherche dans la prise de décision. Par conséquent, un apprentissage important se fait sur les liens d’interdépendance entre les deux groupes.
Les ateliers ont également permis au CRDI de collecter des informations d’une valeur inestimable concernant les priorités et besoins de la région, ainsi que les aspects sur lesquels des recherches pourraient être menées. En mettant l’accent sur le thème spécifique, les ateliers permettent d’identifier des points sur lesquels le CRDI peut prendre appui dans le cade de sa programmation.
Ladies and Gentlemen,
There is no question that these discussions have been rich in lessons learned and in results achieved, and this will surely be the case of the discussions that will take place here today and tomorrow.
However, there is no use in identitfying avenues for reflection and potential solutions unless we also formulate an action plan to implement them.
That is why the participants of previous national workshop created follow-up committees tasked with developing a plan of action.
Among the specific activities incumbent upon them, they shall:
a) evaluate the existing framework for dialogue between researchers and decision-markers
b) submit proposals on how to strengthen that framework, and
c) Communicate major findings that will allow the objectives of the workshops to be achieved.
The follow-up committee on the workshop in Senegal met its objectives in August 2005, when it presented a progress report and a plan of action. The Burkina Faso committee has just begun its activities. We are awaiting follow-up proposals for Ghana and Mali.
We are confident that the exchanges you will carry out during these two days will enable you to study the ways and means of strengthening the dialogue between researchers and decision- makers in Cameroon by examining the interactions that exist in the area of governance. We hope that this symposium will help you get to know each other better and that, as in Senegal, Burkina Faso, Ghana and Mali, a follow-up committee will be formed with a clearly identified mandate.
Mesdames et Messieurs, je vous remercie et vous offre mes meilleurs souhaits pour des discussions fructueuses et porteuses au cours de ce symposium.
PROJET DE DISCOURS DE BIENVENUE DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE HAUT COMMISSAIRE DU CANADA A L’OCCASION DE LA CERENOMIE D’OUVERTURE DU SYMPOSIUM CHERCHEURS-DECIDEURS SUR LE THEME « GOUVERNANCE » ORGANISE PAR LE CENTRE DE RECHERCHES POUR LE DEVELOPPEMEENT INTERNATIONAL (CRDI)
Yaoundé, le 21 juin 2006
- Excellence, Madame la Ministre de la recherche Scientifique et de l’Innovation
- Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,
- Excellence Madame Marie Madeleine SAVANE
- Madame la présidente du MAEF/ NEPAD
- Mesdames et Messieurs les chefs des Institutions universitaires du Cameroun,
- Monsieur le Directeur régional du CRDI,
- Madame la présidente d’Association pour le soutien à la femme entrepreneur du Cameroun (ASAFE), Conseillère régionale du CRDI
- Mesdames et Messieurs les Conseillers régionaux du Centre de recherches pour le développement
- Mesdames et messieurs les professeurs et chercheurs,
- Majesté, Mesdames et Messieurs,
Je voudrais d’abord vous dire combien il m’est agréable de prendre la parole pour vous souhaiter à mon tour la bienvenue, vous qui avez accepté de participer aux travaux du symposium sur le dialogue entre chercheurs et décideurs dans le domaine de la gouvernance au Cameroun, rencontre organisée par le CRDI. Je voudrais remercier tout particulièrement Madame la Ministre de la Recherche Scientifique et de l’Innovation, d’avoir bien voulu nous faire l’honneur de présider la cérémonie d’ouverture de ce symposium, en dépit de son agenda qu’on sait fort chargé. Votre présence dans cette salle, témoigne de l’intérêt que le gouvernement du Cameroun attache aux thèmes discutés à cette occasion et aussi, à la coopération avec le Canada.
Excellence Madame la Ministre,
Vous me pardonnerez de dire en quelques mots tout le bien que, comme représentant du Canada, je pense du CRDI, organisme officiel du gouvernement canadien, représenté par son Directeur régional, Monsieur Gilles FORGET et sa Conseillère régionale, Mme Gisèle Yitamben, dont je tiens à saluer ici l’engagement et la compétence. J’ai déjà eu l’occasion d’exprimer ma conviction que le CRDI représente sans doute ce qu’il a de mieux dans la contribution que notre pays espère apporter au développement solidaire de notre monde. En appuyant le développement de la recherche dans les pays eux-mêmes, le CRDI contribue à ce que ces pays s’approprient et produisent les connaissances, les techniques, les outils dont ils ont besoin pour leur développement. C’est ce qui est important, à terme. C’est ce qui fait que nos pays peuvent de ce fait devenir de véritables partenaires.
La solennité de cet atelier est bien symbolisée par le choix même de la thématique, thématique visant à aider à établir une passerelle entre les décideurs et les chercheurs, et à contribuer subséquemment au renforcement de l’utilisation des résultats de la recherche par les décideurs : en effet, depuis plusieurs années, vous le savez bien, de la gouvernance est au cœur du discours sur le processus de développement humain durable.
Vous saisissez d’emblée l’importance et la pertinence de cette thématique : la promotion du dialogue recherches et politiques en rapport à l’enjeu central de la gouvernance. Cet enjeu est en effet devenu tellement au cœur de toutes les préoccupations que le prochain sommet de l’Union Africaine, qui aura lieu comme vous le savez dans moins de 2 semaines, dans la capitale ghanéenne, devrait être marqué par l’adoption d’une Charte africaine sur la gouvernance et la démocratie.
La problématique de la gouvernance répond aussi à une réalité qui est d’abord politique, puisque dans son acception première, la gouvernance rappelle la »gouverne », terme commercial à l’origine, qui vise »ce qui doit servir de règle de conduite dans une affaire »(Source : le Littré). Le Larousse la conçoit comme une « action de gouverner, une manière de gérer, d’administrer », en d’autres termes, une manière d’être et de faire pour atteindre un objectif donné. Aujourd’hui, le concept a évolué et est perçu comme devant prendre en compte aussi bien la gestion du cadre institutionnel et structurel de l’Etat, les questions de justice et d’équité que le processus d’élaboration des décisions, la formulation des politiques et stratégies et la capacité de les exécuter, et l’efficacité avec laquelle les dirigeants exercent leur mandat. Aussi, renvoie t-il à un modèle de partage de responsabilités entre l’Etat et les autres acteurs de développement sur des domaines d’intervention autrefois dévolus à l’Etat. Lorsque l’on parle de « bonne gouvernance » de nos jours, il s’agit d’un processus relatif à la manière dont le pouvoir est exercé dans le domaines des affaires publiques d’une nation. On fait référence à la fois à l’exercice du leadership, de la transparence, de la responsabilité (accountability) et à l’efficacité dans la gestion des affaires publiques.
C’est ma conviction que dans le domaine politique, il n’est de bonne gouvernance que de gouvernance démocratique. Car la démocratie, toute imparfaite soit-elle, introduit dans le système de gouvernance, cet élément d’équilibre, je dirais d’auto-équilibre, qui rend les uns responsables devant les autres et habilite ces derniers à exiger des comptes de ceux qu’ils ont choisis pour administrer la chose publique. On parle souvent de volonté politique pour expliquer pourquoi tel système fonctionne ou ne fonctionne pas. On oublie souvent que la volonté politique n’est pas qu’un préalable, elle est aussi le résultat d’un système de gouvernance, gouvernance démocratique, qui la construit en quelque sorte, qui la sous-tend et lui donne son dynamisme. Le temps nous manque pour élaborer davantage sur ces relations entre démocratie et gouvernance, mais vous aurez certainement l’occasion d’en discuter durant ce symposium.
C’est ma conviction que dans le domaine politique, il n’est de bonne gouvernance que de gouvernance démocratique. Car la démocratie, toute imparfaite soit-elle, introduit dans le système de gouvernance, cet élément d’équilibre, je dirais d’auto-équilibre, qui rend les uns responsables devant les autres et habilite ces derniers à exiger des comptes de ceux qu’ils ont choisis pour administrer la chose publique. On parle souvent de volonté politique pour expliquer pourquoi tel système fonctionne ou ne fonctionne pas. On oublie souvent que la volonté politique n’est pas qu’un préalable, elle est aussi le résultat d’un système de gouvernance, gouvernance démocratique, qui la construit en quelque sorte, qui la sous-tend et lui donne son dynamisme. Le temps nous manque pour élaborer davantage sur ces relations entre démocratie et gouvernance, mais vous aurez certainement l’occasion d’en discuter durant ce symposium.
Excellence, Madame la Ministre de la recherche Scientifique et de l’Innovation, Mesdames et Messieurs les séminaristes,
Ce qui précède justifie l’option prise par le programme canadien d’aide bilatérale au Cameroun dont la gouvernance est considérée comme le principal défi pour les prochaines années. La gouvernance est à la fois une composante du programme et un thème transversal qui touche les autres activités de l’Agence canadienne de développement international (ACDI) au Cameroun.
Vous comprendrez que je me réjouisse que la Gouvernance ait ainsi été retenue pour questionner l’état du dialogue entre les chercheurs et décideurs au Cameroun. S’il faut reconnaître que les nombreux résultats des travaux de chercheurs camerounais, fruit de plusieurs années de dévouement et d’acharnement au travail, n’ont pas toujours été valorisés par les instances décisionnelles nationales, il importe également de s’interroger sur la pertinence des thèmes développés en regard des principaux problèmes de développement du pays. Quelles qu’en soient les raisons de la déconnexion relative des sphères de la recherche et de la décision au Cameroun, l’urgence d’associer tous les savoirs et compétences au processus de développement du pays et l’impératif. D’opérationnaliser les principes de complémentarité, de solidarité et de vision partagée propres au concept de gouvernance, suggèrent de fédérer les aspirations des uns et des autres.
La rencontre de ce jour est la quatrième d’une série de conférences régionales entre chercheurs et décideurs que le CRDI a accepté de soutenir ; mais, c’est la première du genre à traiter de la question de la gouvernance, indication complémentaire de son importance pour le développement futur du Cameroun. Je souhaite vivement que cette occasion vous permette de mobiliser et de mutualiser les savoirs dont vous êtes porteurs afin que de vos travaux, jaillissent des résolutions et recommandations qui contribueront non seulement à améliorer la gouvernance partagée au Cameroun, mais aussi à faire avancer le processus de dialogue entre chercheurs et décideurs dans notre pays. Et formulons le vœu que soit adoptée lors su Sommet de l’UA, cette date tant attendue, la Charte africaine sur la gouvernance et la démocratie.
Je vous remercie de votre aimable attention.//
For your bird attention
ANNEXE 6
Liste des participants
| 1 | Pr AJAGA NJI Vice Recteur chargé des Recherches | Université de Dschang |
| 2 | Pr ENDELEY Joyce | Université de Buéa |
| 3 | Dr FONGOT KINNI | Université de Buéa |
| 4 | KABIENA Olive Rapporteur Général | CANADEL Cellule de Renforcement des Capacités Scientifiques |
| 5 | Dr KOM NJUIDJE Dorothee Maitre de Recherche Chef de Cellule | et Techniques Ministère de la Recherche Scientifique et de l’Innovation |
| 6 | IGOR GUINWETH | ADES AJF |
| 7 | Lady ASHERI KILO Conseil Camerounais MBOCK Charly Gabriel (Hon) | Université Buea |
| 8 | Directeur de recherche Députe | Assemblee Nationale du Cameroun |
| 9 | MELI MELI Vivien | Université de Yaoundé 1 |
| 10 | MESSI Charles | ENSP – Université de Yaoundé 1 |
| 11 | MOGO Amos | MINRESI |
| 12 | Pr MONO NDJANA Hubert | Université de Yaoundé 1 PCA Société du droit Civil Litteraire |
| 13 | Pr NDJIEUNDE Germain | Université de Yaoundé 2 |
| 14 | Dr NGOA TABI Henri | Université de Yaoundé 2 |
| 15 | Dr NKOYOK Jacqueline | Faculté des Lettres & Sciences Humaines (FLSH ) Université de Douala |
| 16 | Pr PETTANG Chrispin Directeur des Infrastructures, de la Planification ONGOLO ZOGO Valerie E nseignante – Chercheur | Université deYaoundé 1 Université deYaoundé 2 |
| 17 | Pr TAMBA Isaac Secretaire Executif | Centre de Recherche pour le Developpement Durable en Afrique (CREDDA) |
| 18 | Dr TANGIE FONCHINGONG Head of Department of Political Sciences | Université de Buéa |
| 19 | Pr TANGWA BANYUY Godfroy | Université de Yaoundé 2 |
| 20 | Dr TANKAM Charly | Université de PARIS 8 FU-Berlin Association des Femmes |
| 21 | WANDJI Marie-Louise EPSE NWAFO President | Chercheures en Economie Sociale et Familiale |
2)Décideurs et Société Civile du Cameroun
( par ordre alphabetique )
| 1 | ABEGA Martin Sécretaire Général | Groupement Inter Patronal du Cameroun (GICAM) |
| 2 | AHIDJO, Mohamadou Président du Conseil Municipal | Commune Urbaine de Garoua Division Cooperation |
| 8 | DONGMO Thomas Chef de Division | Technique et Scientifique Ministere de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (MINRESI) |
| 3 | El Hadj BANOUFE Secretaire Permanent | Association Culturelle Islamique du Calmeroun |
| 4 | Dr EFFA FOUDA Insepcteur General | Ministere de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (MINRESI) |
| 5 | FOUDA Hyacinthe Inspecteur Général | MINPLADAT |
| 6 | KADRY YAYA Président | Société Agro-Industrielle de la Bénoué ( SAIB ) |
| 7 | MOTO Ferdinand Directeur Général | Société BU’MO Cabinet de Gestion, Fiscalité |
| 9 | NGUENKAM Joel Hervé Dr NGUIMA MAWOUNG, | African Relief International Division de la Promotion et de l’Appui a l’innovation |
| 10 | Dieudonne Chef de Division | Ministere de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (MINRESI) |
| 11 | NJAWE Pius Directeur de publication | Le Messager |
| 12 | NOUWYDJUM | Groupement Bamendjou PCA Société du droit Civil Litteraire |
| 13 | Pr OYONO Dieudonne Coordonnateur National | Programme National de Gouvernance (PNG) Service du Premier Ministre |
| 14 | Barister SAMA NCHUNU Justice President | Foundation for Environment and Development (FEDEV) |
| 15 | Sa Majesté SOKOUNDJOU Rameau Chef Supérieur Bamendjou, Président | SYNAPCAM Groupement Bamendjou |
| 16 | Sa Majesté TAKOUKAM Jean Raymond Chef Supérieur Bameka | Groupement Bameka |
| 17 | TAKU John Alemandji Chargé D’études | Chargé dONEL |
| 18 | TANKWE Edouard Sécretaire Général Coordonnateur National | Syndicat National des Inscrits Maritimes et Assimilés du Cameroun (SYNIMAC) Fédération International des Ouvriers et Tranqsports ( ITF) |
| 19 | TCHIENEHOM Jean Vincent Directeur Général | Canal 2 International IUT de DOUALA |
| 20 | Pr TOUNA MAMA Conseiller Spécial N°1 | Service du Premier Ministre |
3) Experts invites: Contributeurs et Observateurs
| 1 | SAVANE, Marie-Angelique Presidente | Mecanisme du NEPAD d’evaluation par les pairs |
| 2 | Coordonnateur Programmes Recherche | Forum Civil |
| 3 | ONGUENE, Alphonse Coordonnateur | Fonds Gouvernance et Societe Civile Bureau d’appui a la cooperation canadienne (BACC) |
| 4 | BASSEY, Michael Consultant International | Evaluateur de la Commision des conseillers régionaux du CRDI |
| 5 | AFOUBA, Andre Marie Coordinateur General Adjoint CANADEL | Rapporteur général de l’atelier |
4) Conseillers régionaux et membres du CRDI
| 1 | ASSETA DIALLO Economiste | Conseillère Agribusiness IFDC |
| 2 | FORGET, Gilles Directeur Régional | Bureau régional pour l’Afrique du Centre et de l’Ouest (BRACO) |
| 3 | GERARD, Jérôme Agent de recherche & d’information | Bureau régional pour l’Afrique du Centre et de l’Ouest (BRACO) |
| 4 | HOUENOU, Pascal (Prof.) Directeur | Laboratoire des Sciences de l’Environnement Université Abobo-Adjamé |
| 5 | MASSOUGBODJI, Marina (Mme) Cardiologue/ Professeure agrégée de médecine | Faculté des Sciences de la Santé du Bénin |
| 6 | MBARECK DIOP(Col.) Ingénieur | Directeur Général Adjoint (développement) SIPRES |
| 7 | NDIAYE Abdoulaye Directeur | Agir – Promouvoir |
| 8 | OKOLO Angela A. (Prof) Director | Institute of Child Health, University of Benin, College of Medical Sciences |
| 9 | SESAY Shekou Minister for Presidential Affairs | Office of the President State House |
| 10 | YITAMBEN Gisèle Présidente | Association pour le Soutien et l’Appui à la Femme Entrepreneur (ASAFE) |
5) Officiels – Cérémonies d’ouverture et de clôture
| 1 | Chief INONI Ephraim Premier Ministre | Premier Ministere |
| 2 | TCHUINTE, Madeleine (Dr) Ministre | Ministere de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (MINRESI) |
| 3 | SAVARIA, Jules Haut-Commissaire | Haut Commissariat du Canada au Cameroun |
……..
